Voici plusieurs détails qu’il faut vérifier sur une boîte à cigares si l’on souhaite être sûr que l’on a entre les mains de vrais cigares cubains.
Le sceau de garantie
C’est en 1889 qu’un Décret Royal émis par le Roi d’Espagne Alphonse XIII institue l’obligation d’apposer un sceau de garantie sur toutes les boîtes de habanos. En 1912, le gouvernement de la République de Cuba vote une loi permettant de modifier la présentation du sceau d’origine. Le nouveau modèle est plus ou moins identique à celui en vigueur aujourd’hui. En 1931, une légère révision est apportée au sceau imposé par la République de Cuba. En 1999 un changement radical se produit : un numéro de série à l’encre rouge et un emblème en filigrane invisible sont rajoutés au sceau. Ce dernier doit être passé à la lumière ultraviolette pour que l’emblème apparaisse. Cet exemplaire présente l’avantage d’être extrêmement difficile à falsifier. Un nouveau pas est franchi en 2009 dans le cadre de la lutte contre la contrefaçon. Désormais, le sceau comporte un code-barre ainsi qu’un hologramme. Le numéro de série en rouge est supprimé. Le sceau étant une étiquette rectangulaire, le code-barre est situé à son extrémité droite tandis que l’hologramme se trouve à son extrémité gauche. C’est tout à droite du couvercle que le sceau est positionné en veillant à laisser une marge de 3 à 6 millimètres entre lui et le bord. Il doit ensuite déborder, descendre sur la bordure frontale jusqu’à atteindre de préférence la mi-hauteur. Il est tout à fait possible d’authentifier une boîte de cigares cubains sur le site internet de Habanos SA.
Caractéristiques du sceau de garantie
Dessiné sur du papier synthétique, le sceau est très adhérent à la boîte. Une tentative de l’ôter provoque son auto-destruction. Il serait donc vain de tenter de le décoller en vue de le recoller sur une autre boîte. Dans le même temps, des dispositifs de protection sont intégrés dans la vignette, l’empêchant d’être photocopiée et d’être scannée. De plus, les motifs sur le sceau produisent des effets d’optiques impossibles à reproduire avec une photocopieuse ou un scanner. Concernant l’étiquette holographique, elle comporte une inscription bi-color qui s’affiche aussi bien en 2D qu’en 3D. Enfin, le sceau comporte un micropoint que seul un scanner laser permet de déchiffrer. Pour ce qui est du code-barre, il offre une mine d’informations techniques et commerciales. Chaque code-barre est consigné dans une base de données gérée par Habanos SA.
Une étiquette holographique
Chaque boîte de cigares reçoit une étiquette holographique sur laquelle est imprimé un numéro de série.
Les garanties d’importation
En plus du sceau cubain, chaque pays et région qui importe des habanos adopte un système de garantie qui lui est propre afin de se constituer une protection locale contre l’arrivée sur le territoire de faux cigares cubains. Il prend la forme d’une ou de plusieurs étiquettes. Ces « labels » sont créés par les importateurs qui ont obtenu l’accord préalable de Habano SA pour écouler les puros cubains dans une zone géographique déterminée. Il s’agit par exemple de Hunters & Frankau au Royaume-Uni, 5th Avenue Cigars en Allemagne ou encore Intertabak en Suisse. Ces importateurs officiels se fournissent auprès de Habanos SA. On notera que les cigares cubains vendus dans les boutiques La Casa del Habano n’ont pas besoin de ces garanties locales puisque l’enseigne appartient à Habanos SA. En revanche, les boîtes de cigares qui y sont vendus portent le sceau de garantie et l’étiquette holographique.
Appellation d’origine Habanos
En 1994, les autorités cubaines font passer un nouveau texte de loi. Le logo d’Appellation d’origine (Denominacion de origen protegada ou DOP), imprimé sur une étiquette autocollante, doit figurer sur chaque boîte de Habanos qui quitte Cuba pour être exportée. Cet autocollant fait partie des autres moyens de sceller la boîte.
Les inscriptions dans le fond de la boîte
En 1960, Cuba décide d’imprimer l’inscription « Hecho en Cuba » (littéralement, « Fabriqué à Cuba ») sur le fond des boîtes de habanos. Avant 1960, cette mention était en anglais (« Made in Cuba »). L’impression est réalisée à l’ancienne puisque les marques de cigares doivent adopter la technique du marquage au fer rouge.
À partir de 1989, les boîtes de cigares cubains à tripe longue contiennent en plus la mention « Totalmente a mano » (totalement à la main). Le marquage est effectué juste en dessus de l’inscription « Hecho en Cuba ». L’obligation est étendue aux boîtes de cigares à tripe courte dés 1993. Toutefois, cette mesure ne concerne pas les cigares fabriqués à la machine.
En 1994, une inscription supplémentaire devient obligatoire : Habanos s.a. Ce sigle est placé juste au-dessus de la première. Pour rappel, à Cuba, Habanos SA est l’organisme chargé de l’exportation et de la commercialisation des cigares cubains dans le Monde entier. Entre 1985 et 1995, il portait le nom de Cubatabaco avant d’être rebaptisé.
En 2002, une nouvelle législation apparaît dans le pays des Habanos : les marques ont dorénavant l’obligation de préciser si la boîte contient des cigares à tripe courte (Tripa Corta ou TC) ou à tripe longue (Tripa Larga).
Pour précision, seules les mentions Habanos s.a et « Hecho en Cuba » sont gravées sur les boîtes de habanos confectionnés à la machine et que l’on désigne par le terme « Mecanizado ».
Les dates et les fabriques
Sous les mentions précédentes, on trouve un code et une date imprimés sur la boîte à l’aide d’un timbre. Le code, dont le sens est tenu secret, renseigne sur la manufacture qui a fabriqué les cigares. Seul Habanos SA et ses distributeurs agréés sont capables de déchiffrer ces codes. Concernant les dates, il s’agit de celles de la mise en boîte. La datation ne porte que sur le mois et l’année, cette dernière n’ayant débuté qu’en 2000 (00). Il faut savoir en effet qu’entre 1985 et 1999, aussi bien le nom de la fabrique que les dates étaient codés. Avant 1985, ces notations ne figuraient pas sur les boîtes. Il est à noter que les mois sont indiqués en abréviation et sont en espagnol. Par exemple, janvier se disant « enero » en espagnol, on a donc ENE. La connaissance de la date est nécessaire, car plus les cigares vieillissent plus ils gagnent en qualité, principalement au niveau de ses caractéristiques organoleptiques.
Le site officiel Habanos permet également de vérifier en quelques clics l’authenticité de vos cigares.